lundi 28 mai 2012

Ma critique de Il n'y aura plus d'hiver, de Aurélien Dony

Mon premier examen aura lieu mardi, ce qui risque d'entraîner un certain ralentissement des publications sur mon blog (quoique j'ai encore quelques histoires de sorcellerie sous le coude, qu'il me faut y publier). Néanmoins, avant de vous délaisser ainsi, il me reste une petite tâche à accomplir. Je m'étais promis de rédiger une critique de Il n'y aura plus d'hiver, le recueil d'Aurélien Dony. Le moment semble tout choisi, d'autant plus que j'en ai fort récemment fini la lecture.
 

J'avais invité Aurélien lors de la dernière séance du club de lecture et avais en cette occasion pu découvrir une première fois sa poésie. La quarantaine de pages dont se compose son premier livre m'ont permis de poursuivre le voyage, plus à mon aise. Une petite déception m'est venue du fait que, même à haute voix, ma lecture n'a pu égaler les accents que l'auteur y avait mis au cours de notre rencontre. Cependant, je serais bien injuste de blâmer celui-ci pour ma propre incapacité à l'imiter...

Mais parlons d'abord du livre, de l'aspect le plus matériel du recueil. Il est beau, tout simplement. D'abord car il m'est dédicacé, mais surtout de par un excellent travail de mise en page, d'une grande sobriété. Les pages sont fort larges, ce qui ne semble pas impressionner les poèmes en mètres courts, malgré qu'ils soient accolés à des blancs imposants. De cet agencement à sa couverture épurée, tout dans le recueil encourage à la tranquillité de la lecture ; rien dans cet objet paisible ne choque inutilement l'œil.

Les poèmes sont courts, dépassant rarement une seule page. Je suis tenté de dire que cette brièveté est une qualité du poète, mais ce sont là mes goûts personnels qui s'expriment. Néanmoins, il faut reconnaître à Aurélien Dony un certain art de la concision, qui en dit énormément en peu de mots. En juste assez de mots, en fait. Les pièces se suivent sans se ressembler ; les mètres varient, l'alexandrin ou l'octosyllabe faisant une large place au vers libre. L'unité se trouve dans le ton, dans le regard souvent doux, parfois mélancolique, jamais tout à fait défaitiste. Et puis il y a ce brin de naïveté qui rend la poésie belle...

J'ai souvent des difficultés à rendre ainsi compte de mes lectures. Je crois que la meilleure façon d'illustrer mon impression serait via la citation. Je me permets donc de transcrire un petit poème sans titre, celui qui m'a le plus marqué et qui, je pense, contient ce que j'ai surtout aimé de ce recueil. Une sorte de fraîcheur, un je-ne-sais-quoi qui fait sourire et qui « sonne juste »...

Tiens,
Les campagnes ont des lumières
Que la ville ignore.
Elle ne sait pas grand chose,
La ville...


C'est aussi simple que ça : cette perspective, quelle qu'elle soit, a rendu ma lecture agréable. Il y a une âme dans ces textes qui me les a fait apprécier, je ne me l'explique pas vraiment (comment pourrait-on expliquer la poésie ?) mais m'en réjouis. Merci, Aurélien, d'ouvrir ainsi la porte qui donne sur les paysages de ta vie, puisque c'est ainsi que tu en parles.


Il n'y aura plus d'hiver a été publié aux éditions Memory Press, en septembre 2011. ISBN : 978-2-87413-159-2

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