mardi 18 septembre 2012

100 histoires de sorcellerie : poème 54

L'étude de mon cours d'épistémologie régionale des sciences du langage m'aura au moins permis de pondre une histoire de sorcellerie. Un maigre réconfort, au regard du mal que je me suis fait à ingurgiter cette matière...

 
Une mort suspecte

[…] en Amérique indigène, la notion de mort naturelle n'a absolument aucun sens. Pour les Indiens, personne ne meurt de sa « belle » mort. Toute disparition, même celle d'un vieillard ayant atteint un âge plus que vénérable, est imputée à la malignité d'un autrui. A défaut d'une responsabilité évidente, l'action délétère sera imputée à un chamane ennemi ou, selon d'autres étiologies, à celle d'un maître des animaux vengeur ou d'une cohorte d'esprits malfaisants.
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Emmanuel Désveaux
Quadratura Americana: essai d'anthropologie lévi-straussienne (2001)

Alité toute la semaine,
Grand-père vient de décéder.
Il faut croire que furent vaines
Les médecines du sorcier.

Il me semble aujourd'hui bien triste,
Son titi pourtant coloré ;
Car mon grand-père était artiste
Ainsi qu'un fabuleux guerrier !

Grand-père a péri sur sa couche,
Lui qui chassa tout cet été ;
Franchement, nous trouvons ça louche
Car l'hiver n'est pas entamé.

Il a bien sûr été victime
De quelque chaman ennemi.
C'est là vraiment un odieux crime
Qui ne restera impuni !

Ce soir, recommandons son âme
Auprès du divin Wacondah,
Car demain nous sortons nos lames
Et nous partons pour le combat.
08/09/2012

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