mercredi 7 novembre 2012

100 histoires de sorcellerie : poème 62


Le Parfum de la vengeance

Une fermière trop bavarde
Osa moquer la femme en hardes
Qui toujours vécut à l'écart
Ne sortant que le soir, fort tard.
« Vous ne la trouvez pas suspecte,
Cloîtrée autant que quelque secte ?
Que cache-t-elle en son taudis ?
Des enfants dévorés, pardi ! »

Or il advint que la nuit même
Elle sortit sa face blême
Et sous la lune alla planter
Un bulbe noir dans les rosiers
De cette langue de vipère.
C'était d'ailleurs là un mystère :
Comment la sorcière a appris
Qu'on parla d'elle avec mépris ?

Plusieurs semaines s'écoulèrent,
Laissant l'hiver loin en arrière.
Lorsque vint la saison des fleurs,
On sentit une horrible odeur
Qui venait de chez la fermière,
Empestant jusque dans sa serre.
Du bourg en même pas un mois
Elle devint donc la paria.

03/11/2012

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