dimanche 30 décembre 2012

100 histoires de sorcellerie : poème 70


En février dernier, j'avais traité dans ma quinzième histoire de sorcellerie de la divinité/démon Abraxas. Le résultat ne m'ayant pas vraiment satisfait, je me suis récemment repenché sur ce sujet. Le poème ci-dessous, sans vraiment être une réécriture, reprend ainsi un certain nombre d'éléments déjà présents dans l'autre, notamment la descriptions des attributs du dieu.
En outre, il participe également à la réflexion que je mène actuellement sur l'intégration d'actes magiques (ou du moins considérés comme relevant d'un certain ésotérisme) dans mes poèmes. Ainsi, si mon essai précédent pouvait être qualifié de « poésie sigillaire », celui-ci correspond plutôt à ce que j'appellerais de la « poésie formulaire ». On pourrait ainsi aussi parler de « poésie incantatoire », quoique pas au sens rimbaldien où on l'entend souvent.
J'ai procédé en m'inspirant de l'exemple bien connu de l'« invocation de succube » de Peter Carroll, de façon à créer des formules qui se basent sur le texte de chaque strophe mais ne le laissent plus guère transparaître (cf. l'explication placée sous le poème). J'ai tenté de réaliser cet exercice de la façon la plus sérieuse possible, comme si ces paroles étaient effectivement destinées à être employée lors d'un rituel. À cela a cependant fait obstacle la contrainte que les strophes transformées devaient également former des alexandrins, ce qui m'obligea parfois à les déformer plus que nécessaire (heureusement, je n'ai pas été zélé au point de les faire rimer, me satisfaisant d'un basique travail sur l'assonance).


La Consécration

Abraxas, vieux démon, répond à mon appel !
Dans ce feu consacré je jette mes offrandes :
Le chef coupé d'un coq, symbolisant le ciel ;
Un serpent venimeux, habitant de la lande.

Abrakas, vil erouh, démon palaf jatazh !
Le boucher fait copain d'un sabbat rav'amoth.

Abraxas, dieu-soleil, retiens ton martinet ;
Pose ton bouclier car t'invoque un fidèle.
Rares sont aujourd'hui ceux pour qui tes bienfaits
Ne sont pas seulement quelque fable fort belle.

Abrakas, do lireuh, joli  thon ma pavaf !
Ralek, tu songeras : dipak tabaf alham.

Dans un temps fort ancien beaucoup de talismans
Étaient décorés de ton nom, ton image ;
J'ai gravé « Abraxas » sur ce bout de fer blanc,
Tel tu faisais jadis, bénis-le ô grand sage.

Danzi t'a efforcé ; buka halam mahag.
Jegora voboka sudodo lan'taji !

27/12/2012


À titre d'exemple, voici comment j'ai créé la formule correspondant à la première strophe :

1. Transposition en écriture phonétique (approximative) :
abraksas vyeu démon répon a mon apèl dan seu feu konsakré jeu jèteu mèz'ofrandeu

2. Suppression des lettres redoublées :
ABRKS VYEU DMON PL F J T Z

3. Accommodation phonétique, afin de rendre la formule prononçable et d'empêcher que le texte premier soit reconnaissable à travers elle (aussi, dans ce cas-ci, afin de former un alexandrin correct) :
ABRAKAS VYL'ERU DÉMON PALAF JATAZ !

4. Adaptation orthographique et rythmique, destinée avant tout à rendre la formule plus facile à retenir (mais aussi plus belle, vu qu'elle est tout de même destinée à un poème) :
ABRAKAS, VIL EROUH, DÉMON PALAF JATAZH !

Idem pour les deux vers suivants :
1. leu chèf koupé din kok sinbolisan leu sièl in sèrpan veunimeu abitan deu la landeu
2. LEU  CHF KOP DIN SBA R VM T
3. LE BUCHE FE KOPIN DIN SABA RAVAMOT
4. LE BOUCHER FAIT COPAIN D'UN SABBAT RAV'AMOTH.

(Bien sûr, cela n'est qu'une formule possible parmi beaucoup d'autres ; je devrais refaire cet exercice aujourd'hui que j'arriverais à coup sûr à un résultat différent.)

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