mercredi 27 mars 2013

100 histoires de sorcellerie : poème 88


Le Rêve interdit

Dans un strict internat géré par un couvent,
Retentit une nuit un cri tonitruant.
La sœur Agnès accourt au dortoir des élèves ;
De paisibles enfants qui, surprises, se lèvent.

« Au nom du doux Jésus, qu'y a-t-il donc ici ?
Qui osa m'éveiller avec de si grands cris ? »
« C'est moi qui ai hurlé ; je n'aurais pu me taire
Car j'ai percé à jour une infâme sorcière... »

« Je ne vois parmi nous que des enfants de Dieu ;
Croire une telle chose ? oh non, je ne le peux... »
« C'est pourtant vrai, ma sœur, la nouvelle en est une ;
Vous savez, l'orpheline, arrivée à la brune. »

« Puisque tu le prétends, nous allons enquêter !
Où puis-je la trouver, la graine de sorcier ? »
« Mais dans son lit, ma sœur : quel que fut le tapage,
Il n'a pas pu soustraire au sommeil cette mage... »

« C'est en effet curieux, mais ça ne prouve pas
Qu'elle soit pour de vrai le démon que tu crois. »
« Regardez de plus près ; observez ses paupières :
Dormir les yeux ouverts, c'est un truc de sorcière ! »

« C'est assez étonnant, pour sûr que j'en conviens ;
Mais sans doute tout ça peut attendre demain... »
« Ce n'est pas tout, ma sœur ; regardez ses pupilles :
J'y vois danser le diable avec des gens impies ! »

« Ciel ! j'aperçois aussi en ses yeux ce pêché !
Il nous faut sans tarder avertir l'évêché... »
Et il fut fait ainsi, de sorte que, bien vite,
On éveilla l'enfant par un jet d'eau bénite.

24/03/2013

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