vendredi 15 mars 2013

TwittFiction : le retour

Mes abonnés sur Twitter ont peut-être remarqué que j'y ai publié hier une nouvelle TwittFiction.
Il s'agit en fait d'un court récit inspiré du poème La Loreley de Guillaume Apollinaire. Cependant, toute référence à la légende rhénane a été supprimée ; j'ai seulement conservé la matière des quatre premiers vers (« À Bacharach il y avait une sorcière blonde / Qui laissait mourir d'amour tous les hommes à la ronde // Devant son tribunal l'évêque la fit citer / D'avance il l'absolvit à cause de sa beauté ») ainsi que l'idée de la sorcière escortée jusqu'à un couvent. Voici le résultat :


1. Il y avait à Bacharach une sorcière blonde. L'ayant faite traîner devant lui, l'évêque demanda : « Femme, connais-tu ton crime ? »

2. La belle répondit : « Durant votre Carême, j'ai détourné bien des hommes de leurs pensées pieuses par des danses interdites. »

3. L'ecclésiastique était un homme sévère mais, face à son sourire, il se troubla et dit : « Demain, tu iras en prison pour un an. »

4. Le lendemain, tandis qu'on lui faisait quitter la ville, la sorcière fit une timide révérence en croisant la route du gouverneur.

5. Celui-ci, apprenant qu'elle était condamnée au noir et à l'humidité d'un cachot, en fut remué car il lui trouvait bien des grâces.

6. Il dit : « Hors de question qu'une si jolie femme aille dépérir en prison ! Capitaine, mène-la plutôt au couvent pour six mois. »

7. Le voyage jusque chez les Ursulines fut long et silencieux, car la fille chevauchait d'un air digne qui impressionnait ses gardes.

8. Arrivés à destination, alors qu'il la faisait descendre de selle, le capitaine respira l'odeur de miel des cheveux de la sorcière.

9. Lui aussi sous le charme, il déclara : « Une telle chevelure n'est pas faite pour être gainée de tissu, pas même pour six mois. »

10. On délia ses mains et chacun des soldats fut heureux de jurer le secret. La belle partit et jamais plus on ne la vit à Bacharach.

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