lundi 4 novembre 2013

Marche au flambeau à Sainte-Nimue-la-Butte

Vendredi, je vous faisais part de la publication de deux brefs textes de ma plume dans La Gazette du Clair-Obscur. J'en avais en fait envoyé quatre, dont deux ont été écartés par les éditeurs de ce webzine. Je vous propose aujourd'hui de découvrir le premier de ces laissés-pour-compte, certes moins original — évidemment — que ceux publiés la semaine dernière et sans doute également moins abouti, car n'ayant pas bénéficié de la relecture attentive des membres de l'association Transition. Néanmoins, je ne voudrais pas que cette petite microfiction/dépêche se perde dans l'abysse de mes fonds de tiroirs : je la poste donc ici. Une autre suivra dans les jours prochains.

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Marche au flambeau à Sainte-Nimue-la-Butte
Nos provinces détiennent une grande richesse en matière de folklore. En témoigne l’étrange tradition de la nuit du 31 octobre qui se perpétue encore aujourd’hui à Sainte-Nimue-la-Butte, une localité du Calvados. Là et nulle part ailleurs en France, les habitants effectuent une longue marche au flambeau afin de braver les mauvais esprits, en cette nuit où on les dit plus puissants qu’en toute autre. Selon Jean-Yves Lièvre, un historien local, cette tradition est née de la peur commune des villageois qui se sont donc réunis afin de veiller en s’éclairant mutuellement. Il nous informe aussi d’une autre coutume liée à cette nuit : « Traditionnellement, les chefs de famille tirent également des coups de fusil en l’air, vers la mi-nuit, afin de chasser au loin les esprits mauvais. » Si l’organisation de la marche est soutenue par les élus locaux, ceux-ci tentent depuis plusieurs années de décourager le respect du second usage. Néanmoins, la presse régionale rapporte, cette année encore, que plusieurs détonations furent entendues...
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Un mot d'explication sur ce texte : il s'inspire en fait de traditions réelles et existant encore aujourd'hui chez les Kalash, le dernier peuple polythéiste vivant dans l'Hindu Kush. Dans cette culture, les esprits mauvais sont appelés « Bhut » (et les bons « Suchi »), d'où le jeu de mot sur lequel se base le nom de la localité inventée pour les besoins du texte. « Nimue » fait en revanche référence à la fée Viviane, dont c'est un autre nom, histoire de renforcer cette isotopie féérique.
Cette inspiration est donc un résidu du grand intérêt que j'avais pour l'ethnologie, vers mes dix-sept ans. À l'époque, j'avais en effet dévoré un livre intitulé
Solstice païen : fêtes d'hiver chez les Kalash du Nord-Pakistan (publié aux Presses de la Renaissance, en 1998) et écrit par... Jean-Yves Loude et Viviane Lièvre. J'avoue donc : je ne me suis pas non plus foulé pour le nom de l'« historien local » de mon texte...

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