jeudi 5 mars 2015

L'Heure du sabbat

Après avoir tout récemment gravé sur Tetra Pak une illustration du poème Départ pour le sabbat d'Aloysius Bertrand, j'ai eu envie d'en faire autant pour (un extrait de) L'Heure du sabbat, du même, que je considère presque comme une suite du premier. Je ne sais pas si je suis parti pour graver tout le Gaspard de la nuit (je ne pense pas) mais le moins que je puisse dire est que ces textes m'inspirent beaucoup.

Enfin... quand j'écris qu'ils m'inspirent, comprenons-nous : comme toujours, j'ai peu d'idées propres et en vole surtout à gauche et à droite, sous le couvert d'hommages. Pour cette illustration, j'ai emprunté l'arbre au pendu et la sorcière au chaudron de l'avant-plan au formidable Salvator Rosa. Quant au « juif à la main de gloire », plutôt que de représenter son instrument de manière conventionnelle (comme je l'ai déjà fait ici), j'ai choisi de dessiner cette main-flambeau visible dans l'arrière-plan de plusieurs peintures de David Teniers le Jeune. Enfin, histoire de renforcer le parallèle avec son œuvre, j'ai ajouté à la mienne cette ombre étrange entrant dans le cadre, tout droit sortie de son Sorcières se préparant pour le sabbat. Notez encore que je n'ai pas eu le courage de graver le texte à l'envers — ni le sadisme de vous imposer mes pattes de mouches — et que j'ai donc recouru à ma machine à écrire ; le rendu est assez bon, je trouve.


L'ensemble bien sûr — et tout particulièrement les textures : de l'écorce, de la brume, de la fumée — est maladroit, le trait naïf et l'intégration des différents éléments au décor pour le moins bancale, mais la gravure n'est pas pour autant à jeter, je pense. Du moins elle a le mérite de m'avoir détendu ce mercredi après-midi, suite à une demi-semaine de travail stressante. Mon regret principal concerne ces fichus serpents, que j'aurais été mieux inspiré de ne pas ajouter au terme de mon travail (j'hésite d'ailleurs à recouper la plaque pour m'en débarrasser ; voici à quoi elle ressemble actuellement).


Et voici les deux tableaux dont je me suis inspiré.

Salvator Rosa (1615-1673), Sorcières à leurs incantations, vers 1646.

David Teniers le Jeune (1610-1690), Sorcières se préparant pour le sabbat, date inconnue.

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