lundi 19 octobre 2015

Critiques sur La Danse de saint Guy

C'était prévisible : mon texte La Danse de saint Guy n'a pas fait le poids à la sixième édition du Tournoi des Nouvellistes, dont il s'est fait éjecter il y a une dizaine de jours. Je n'en conçois guère de regret, étant bien conscient dès son envoi à l'organisateur que cette nouvelle ne constituait nullement un ticket gagnant. Je suis donc simplement heureux qu'elle ait été enfin lue et, le Tournoi gagnant petit à petit en notoriété, plusieurs fois commentée.

Elle l'a d'abord été par le jury du concours, qui est composé d'Adeline Neetesonne, Doris Facciolo, Mémoire DuTemps, Jean-Paul Robert, Renaud Bernard, Benoit Camus et Anthony Boulanger. Voici l'échantillon de leur analyse qui a été publié.

Trop de « cela ». Léger problème de ponctuation. Écriture et histoire lourdes. [...] Un récit qui s'apparente à l'évocation d'une vision, d'une scène, symbole de résistance. Le texte peine à susciter l'intérêt du lecteur et encore plus à le maintenir. Quelques fautes et maladresses, ici et là. [...] Belle mise en scène. Cela en devient presque poétique. [...] Concis, imaginatif, mystérieux. Le début gagnerait à être un peu plus dynamique peut-être ou alors un peu plus court, mais c'est un détail car la rédaction est quasi sans reproche : fluide et dépourvue de lourdeur, tout est dit, bien dit avec quelques jolies tournures de phrases. [...] Un texte étrange, dans lequel le lecteur se sent extérieur. Le contexte et le thème sont attirants et le développement laisse de nombreuses zones d'ombre, sans pour autant altérer le plaisir de lire. Quelques coquilles ici et là.

Deux blogueurs ont de surcroît publié leurs impressions de lecture. Il s'agit d'Éloïse de Valsombre, qui écrit pour le site Mise en tropisme, et de Gregory R. Waeytens. Voici leurs critiques respectives, qui mettent bien le doigt sur de vieux défauts de mon style, que j'ai moi-même déjà souvent relevés.

Jamais deux sans trois, encore du fantastique, c’est la thématique cette semaine. Sans que le sujet soit particulièrement plus grave que pour les deux précédentes, l’ambiance est ici un poil plus sordide. C’est une approche séduisante, mais peut-être un peu trop métaphorique, le tout me semblant un rien «  incorporel ».  Il manque de quoi planter ses dents dans quelque chose qui résiste un peu. Je crois que j’aurais aimé avoir un monstre sous les yeux, mais j’ai plus l’impression que mon imagination s’est juste fait un film avec un jeu d’ombres et de lumière. Je ne sais pas si cela est très clair, mais en tous cas ça m’a laissé un vague sentiment de déception, encore que c’est peut-être moi.
Éloïse de Valsombre


Ce concours a le mérite de permettre à tous les styles et toutes les approches littéraires de s’exprimer. Néanmoins, rarement (pour ne pas dire jamais), je n’ai rencontré de style aussi impersonnel et anonyme. J’ai plus l’impression d’avoir lu la description d’une scène tirée hors de son contexte que d’avoir lu un récit qui racontait quelque chose avec un début, un milieu et une fin. On nous parle d’un conflit qu’il nous est impossible à situer dans le temps et l’espace avec des protagonistes dont on ne sera rien. Au milieu de tout ça une armurerie, des pendus et un géant. L’armurerie et les pendus trouvent leur justification dans le texte, mais le personnage du géant reste une énigme totale. Tout comme la raison de sa danse. L’absence quasi-totale d’action et la narration purement descriptive rend le texte lourd et donne une impression d’exercice scolaire du type « décrivez une scène ». Résultat, j’ai glissé à la surface des mots jusqu’à la fin sans jamais accrocher. Désolé, ce n’est pas pour moi.
Gregory R. Waeytens

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