mercredi 17 août 2016

Portrait de Michel de Ghelderode

Ayant reçu ma presse à taille-douce en fin de semaine dernière, j’ai effectué cet essai aussitôt que je l’ai déballée et montée, dimanche en fin de soirée. Franchement impatient d’imprimer, j’ai effectué la gravure assez rapidement, en grosso modo une heure. C’est également la raison pour laquelle j’ai opté pour un format légèrement plus grand que d’habitude et n’ai qu’esquissé le torse.

Portrait de Michel de Ghelderode, pointe sèche sur Tetra Pak, simili papier japon 225g/m2, 8.1x12.5 cm, août 2016.

Je suis fort content du résultat, surtout considérant que mon attention n’était pas entièrement dirigée sur le dessin (j’étais non seulement impatient de tester la presse mais aussi éreinté après une semaine et un weekend très chargés au travail) et que je gravais, une fois encore, sans esquisse ni repère, quoique d’après photo. Peut-être est-ce dû au fait que j’ai ainsi travaillé plus spontanément, mais je trouve que ce portrait a belle allure. Il y a bien sûr quelques légers soucis d’ordre anatomique (au niveau de l’oreille notamment), mais il me semble qu’on n’en reconnait pas moins bien le modèle. Son regard est un peu moins sombre sur l’estampe que le laisse penser le scan, mais je suis heureux des deux résultats.

La plaque gravée.

Certes, il s’agit, bien que je me sois basé sur des photographies, d’une version un peu fantasmée et assombrie de de Ghelderode, mais je ne pense pas qu’il m’en aurait tenu rigueur. Il était lui-même assez féru de déguisement et de mise en scène, allant jusqu’à se faire appeler, dans sa jeunesse, « Adolphe Adhémar, comte von Lauterbach » (un titre auquel il ne pouvait bien sûr nullement prétendre). Cocasse, non ?


Concernant ma presse (j’ai fait l’acquisition d’une petite Fome, modèle 3623), je suis très très content de mon achat. C’est un investissement, mais j’ai été soufflé tant par la facilité que par la qualité d’impression. Ayant l’habitude de devoir appuyer comme un damné sur ma cuiller pour imprimer, j’avais commencé par serrer assez fort les rouleaux, avant de me rendre compte que cela n’est aucunement nécessaire car leur poids produit déjà bien assez de pression. Dès lors, la manœuvre est vraiment très aisée : quelques coups de manivelle et l’affaire est faite. Je gagne donc un temps fou.
 

L'engin tout juste déballé.

Quant à la qualité, elle est vraiment au rendez-vous, même avec une plaque de Tetra Pak, qui n’est vraiment pas le support ultime en termes de précision et de propreté d’impression. Néanmoins, mes estampes sont nettes et régulières. Je me rends dès lors davantage compte de l’importance de l’humidification du papier et de l’essuyage, via lesquels on peut apporter une foule de nuances à l’œuvre. Il me reste énormément à apprendre — j’en prends conscience — pour vraiment maîtriser ces étapes…

Les différents tirages.


Mon prochain gros objectif, c’est la pointe sèche sur cuivre. Avant cela, je vais néanmoins me consacrer intensivement durant une dizaine de jours à une sorte de « projet de synthèse » longtemps reporté, qui va non seulement beaucoup solliciter ma presse, mais également mes différentes compétences acquises à la fois dans les domaines de l’écriture et de la gravure. Promis, je vous en dis plus très très vite.
 


Les autres portraits composant ma « galerie des Vilains Bonshommes » :

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