mercredi 11 janvier 2017

Ray's Day 2016 : le « making of », partie 2

Une de mes résolutions pour 2017 est la suivante : ne plus rien laisser traîner éternellement sur ma liste des tâches à faire (j'ai même investi dans un Bullet Journal tout neuf pour m'y aider). Et cela implique de m'attaquer à quelques « casseroles » en suspens depuis des mois. Aujourd'hui, je vous livre donc enfin la seconde partie du « making of » de ma nouvelle autoéditée à l'occasion du Ray's Day 2016. Souvenez-vous : fin août dernier, j'avais annoncé sa publication prochaine, mais j'ai malheureusement été super occupé par mon déménagement puis par une période un peu intense au boulot, et n'ai finalement rien mis en ligne. Je me rattrape donc à présent, plus de quatre mois après le coche.

Dans ce billet, je parlerai de la mise en page, de la couverture et de la reliure. Si comme moi tout cela vous était complètement sorti de l'esprit, je vous invite à vous rafraichir la mémoire en relisant ici la première partie, consacrée à l'illustration.


L'idée de base était de créer un livre au format A6, de manière à minimiser les frais postaux. En fin de compte, vu les marges d'impression et après passage dans la rogneuse, il est au format peu conventionnel suivant : 9,7x13,8 centimètres. Par souci d’économie, j’ai décidé de l’imprimer en A4, à la photocopieuse. J'ai procédé à la mise en page via OpenOffice ; ce n'est bien sûr pas idéal mais je n'avais pas le temps de prendre en main un autre programme et ai donc employé celui que je maîtrisais le mieux. Notez les larges marges, nécessaires à la méthode de reliure choisie. Elles sont placées à gauche sur le recto des feuilles, et à droite sur le verso...


Bien sûr, il a fallu trier les pages, de manière à ce que la première, par exemple, soit bien au recto de la seconde, et non sur une feuille différente. Voici donc la « table de placement » que j’ai conçue et employée. Certains ne manqueront pas de me dire que ça pouvait être fait mille fois plus simplement : je n’en doute absolument pas, mais vous verrez que j’ai rarement choisi la solution de facilité, pour ce projet.

Vous le savez bien, l’autodidaxie est ma méthode d’apprentissage privilégiée. C’est par essai-erreur que j’ai appris à versifier et à graver, et c’est ainsi que j’entends apprendre à produire un livre. Et vu le nombre d’erreurs que j’ai déjà commises et rectifiées en quelques jours, je peux vous garantir que l’expérience est formatrice !


Outre ce séquençage un peu fastidieux, d'autres calculs ont été nécessaires pour déterminer où réaliser les coupes, puisque les exemplaires définitifs étaient dépourvus de cadre sur le pourtour des pages.


Voici ce que cela donnait, une fois le tout rogné et ordonné (non sans beaucoup de prises de tête à cause des marges d'impression et des ajustements automatiques qui varient d'une machine à l'autre et bousillaient donc tous mes calculs). Notez qu'à ce stade, il manquait encore la page de titre et la préface.


Bien sûr, assembler un exemplaire est facile ; en assembler vingt-deux en l'espace de quelques jours est déjà plus fastidieux. Voici, à titre indicatif, ce que ce nombre représente en feuilles A4, avant tout traitement, et en papier rogné, une fois cette étape achevée.




Découper au format et trier les pages est une étape importante, mais on était encore loin d'avoir un livre. Restait encore la couverture et la reliure. J'ai un temps hésité à faire une couverture illustrée. Je voulais cependant quelque chose de coloré, qui attire l'œil. Or, je souhaitais réduire les coûts, et ne suis du reste pas encore prêt à m'attaquer à la gravure polychrome, ce qui excluait une image en couleur. Quant à imprimer une image en noir sur un papier de couleur, je craignais que cela ne rende pas bien par manque de contraste.

Je me suis donc rabattu sur la technique du gaufrage, qui m'est accessible depuis que j'ai acquis une presse. C'était mon premier essai, mais je suis déjà très enthousiaste par rapport à cette technique, qui me fait entrevoir énormément de possibilités. Je m'en suis tenu à un modèle simple, mais je pense qu'il y a moyen de faire des choses superbes, en damier notamment.


La photo suivante montre la matrice que j'ai employée, simplement constituée de deux couches de plastique découpées dans les rabats d'une vieille farde. C'est le feutre de la presse qui, sous la pression des rouleaux, pousse le papier dans les recoins du « moule ».


L'idée de base était d’employer pour la couverture un papier bleu roi, mais il n’y en avait pas d’assez rigide au magasin. J’y ai en revanche trouvé ce joli vert marbré en 200g/m2. Je n’en aurais pas eu l’idée par moi-même, mais c’est parfait car la couverture évoque ainsi une sorte de stèle ou de monument. Or, la nouvelle nous emmène (notamment) dans un cimetière… J’aime du reste la sobriété du rendu.

Le gaufrage se faisant sur papier humide, un inconvénient est qu'en séchant, il tend à se tordre un peu et doit être aplani sous un poids.


Vient ensuite l'étape de la reliure. J'ai opté pour une reliure à la japonaise toute simple. Elle présente l'avantage de ne pas requérir la confection de feuillets, qui m'auraient compliqué encore la tâche. Elle nécessite en revanche une large marge et ne permet pas de noter le titre sur la tranche. Pour une première réalisation, je me suis parfaitement accommodé de ces défauts, dérisoires au regard des facilités qu'elle m'offrait.



D'aucuns reprochent à ce type de reliure son manque de discrétion ; je la trouve pour ma part assez élégante, pour peu qu'elle soit réalisée proprement. J'ai choisi ici une couture toute simple, très fonctionnelle, mais il est bien sûr possible de complexifier beaucoup son motif, au point qu'elle peut parfois s'apparenter à de la broderie sur couverture...

J'ai systématiquement placé le nœud sur le bas, au verso. Il est techniquement possible de le dissimuler à l'intérieur de la couverture, mais je n'ai pas encore le niveau pour cela...


Voici les quatre premiers exemplaires produits. À partir de là, j'ai commencé à avoir le « coup de main »...


Et voici l'ensemble des vingt-deux exemplaires assemblés, au terme de quelques heures supplémentaires de travail !


Ainsi se clôture donc ce « making of » (encore mille excuse pour son retard) ! Si vous avez encore des questions sur ce projet ou sur la confection d'un livre en général, n'hésitez pas à me les poser en commentaire. Je n'ai certes pas la science infuse, mais pourrai au moins vous proposer un retour d'expérience.

Je dois encore poster un bilan global de mon Ray's Day. Je tâcherai de m'y mettre dans les jours à venir... revenez donc d'ici quatre mois voir s'il est là ! (Non, promis, je vais faire ça prochainement.)

4 commentaires:

  1. Quelle patience ! Je suis admirative de voir les réglages et calculs que tu as dû faire ! Intéressant tout ça...

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    1. Il a fallu pas mal chipoter, oui. Mais je crois qu'une partie de mes difficultés provenait d'un manque de méthode. Je n'ai jamais été très bon en géométrie...

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  2. superbe boulot, je suis très fier d'en posséder un exemplaire !

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    1. Un exemplaire unique, qui plus est ! Encore merci pour ta contribution. ;-)

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