mardi 8 août 2017

Pointes sèches « sur le motif »

Vu qu'il a fait très beau, la semaine dernière, j'ai trouvé une manière commode de concilier mes envies de gravures et de grand air : j'ai été réaliser des pointes sèches en extérieur, « sur le motif » comme on dit...

Cette démarche, même si elle est contraignante, me parait intéressante et me détache un peu de la posture de copiste souvent assumée malgré moi avec mes portraits, toujours basés sur des ressources photographiques. Dessiner des bâtiments est du reste un exercice enrichissant, au vu des immenses difficultés que je rencontre avec la perspective. Le seul problème est l’aspect étrange qu’ils revêtent une fois retournés par l’impression (au moins aux yeux des locaux, à qui leurs silhouettes sont familières), mais c’est peu dire que je ne me sens pas les épaules pour déjà les graver en miroir...


Voici tout d'abord une petite esquisse de la cathédrale de Namur que j’ai gravée depuis la Citadelle, jeudi passé au crépuscule, et imprimée le lendemain. Je suis assez mécontent de la coupole mais, pour quelque chose fait en moins d’une heure et mal assis sur un parapet, ce n’est somme toute pas si mal…

Vue de la cathédrale Saint-Aubain depuis la Citadelle de Namur,
pointe sèche sur Tetra Pak, simili papier japon 130g/m2, 6x9.8 cm, août 2017.

La même en cours de séchage.


Je me suis attaqué le lendemain au pont de Meuse, qui relie le pied de la Citadelle à l'agglomération de Jambes. Je suis nettement moins heureux de cette seconde gravure, qui est pourtant un peu plus grande et réclamait donc moins de minutie.

Mes difficultés viennent sans doute au moins partiellement de l'heure choisie pour mener cet exercice : étant donné que je travaillais en soirée, j'ai réalisé cette gravure en fin d'après-midi ; le soleil était donc encore haut et induisait des clairs-obscurs fort tranchés dans les ombres. Je pense qu'une telle atmosphère aurait été mieux rendue en linogravure, où il est aisé de créer des aplats uniformes, qu'en pointe sèche. Du reste, j'ai pu découvrir une difficulté supplémentaire et fort agaçante de la gravure en plein air : le soleil se réfléchissait par moments dans ma plaque de Tetra Pak et venait m'éblouir...

Tout cela ne suffit toutefois pas à justifier l'aspect naïf et « mou » de cette gravure. Le problème sous-jacent est bien sûr mon manque de technique et d'expérience avec la perspective. Je suis également fort énervé de me découvrir si incapable de graver des arbres (voir le gribouillis à gauche de la maison de maître) ; il est donc fort possible que cela constitue la matière d'un prochain exercice...
 
Vue du pont de Meuse depuis la Citadelle de Namur,
pointe sèche sur Tetra Pak, simili papier japon 130g/m2, 8x11.6 cm, août 2017.

La même en cours de séchage.

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